Feuilles de courge

Bibwabwa – Bishusha

Il suffit parfois d’une odeur pour voyager.
Dans de nombreuses familles originaires de Bukavu, à l’est de la RDC, le parfum des feuilles de courge en train de mijoter évoque aussitôt la cour familiale, les rires d’enfants et les conseils patients des grand-mères autour du feu.

En Afrique subsaharienne, la courge n’est pas seulement un légume. C’est une plante généreuse, une alliée du quotidien, parfois même une « manne du ciel ». À Bukavu, on l’appelle bishusha. La variété la plus cultivée est la Lagenaria siceraria, plus connue sous le nom de calebasse.

Rien ne s’y perd :
Les feuilles se cuisinent, les graines (kokoliko) se consomment, la chair nourrit comme un féculent, et la coque, une fois séchée, devient récipient, gourde ou instrument de musique. Une plante, mille usages, symbole d’ingéniosité et de respect des ressources.

Aujourd’hui, en Europe, beaucoup connaissent les courgettes, les potimarrons ou les citrouilles. Mais peu savent que leurs feuilles, lorsqu’elles sont jeunes et tendres, sont, elles aussi, comestibles. Dans nos cuisines de la diaspora, elles continuent de raconter une histoire.

Un trésor de santé et de mémoire

Les feuilles de courge sont riches en vitamines (A, B6, C, E), en minéraux (potassium, calcium, fer, magnésium) et en antioxydants. Elles fortifient le corps, soutiennent l’immunité et favorisent la digestion.

Mais au-delà de leurs vertus nutritionnelles, elles portent une valeur affective. Les cuisiner, c’est transmettre un geste. C’est faire vivre une mémoire culinaire. C’est rappeler aux plus jeunes que c’est à travers l’assiette que se nourrit l’identité.

La recette de Madame Many Madika

Une cuisine de patience et de partage

Madame Many Madika nous confie sa manière de préparer les bibwabwa. Une recette simple, mais qui demande attention et délicatesse.

Les feuilles de courge à l’arachide

On commence par peler soigneusement les tiges et les feuilles pour en retirer les fibres. On lave, on coupe finement, puis on laisse ramollir quelques minutes dans l’eau bouillante.

Ensuite viennent les oignons émincés, les jeunes oignons, les tomates finement coupées, l’arachide broyée, un filet d’huile et une pincée de sel. Le tout mijote doucement. La cuisine se remplit alors d’une odeur profonde et rassurante.

On sert ce plat avec du foufou, du riz, de la chikwangue, des bananes plantain ou des bananes vertes (bisamunyu). Un repas simple, nourrissant, rassembleur.

La version des grand-mères : à la tête de chèvre.

(Motu ya ntaba)

La recette s’agrémente d’autres aliments pour plus de saveur. C’est par exemple La tête de chèvre.

  • Elle doit être soigneusement braisée, nettoyée, bouillie puis désossée.
  • Il faut ensuite ajouter la viande à une sauce tomate et une bonne quantité d’eau.
  • Laisser mijoter quelques minutes avant d’ajouter les feuilles de courge à la préparation.
  • Poursuivre la cuisson pendant plus ou moins 20 minutes.
  • Servir avec le féculent de son choix.

Plus qu’un plat, un lien.

Préparer les feuilles de courge, c’est maintenir un pont entre la Belgique et le Congo. C’est transmettre un savoir, une mémoire, une manière d’habiter le monde.

Dans chaque feuille soigneusement pelée, il y a un geste ancien.
Dans chaque marmite qui mijote, il y a une histoire qui continue.

Et dans chaque assiette partagée, il y a notre voix, notre identité.

  • Elle doit être soigneusement braisée, nettoyée, bouillie puis désossée.
  • Il faut ensuite ajouter la viande à une sauce tomate et une bonne quantité d’eau.
  • Laisser mijoter quelques minutes avant d’ajouter les feuilles de courge à la préparation.
  • Poursuivre la cuisson pendant plus ou moins 20 minutes.
  • Servir avec le féculent de son choix.

Isabelle Baguma